Chers Membres de notre Communauté universitaire,
De retour sur Avignon, je vous fais donc un compte-rendu des séances de travail à la CPU qui furent lourdes, chargées et animées.
1- Arrivée à la CPU, Salle de la Tour pour la réunion des 17 petites universités + 1 (Aix-Marseille 1) : mercredi 13h00
Toutes sont unanimes. La révision du modèle de calcul est nécessaire car le modèle actuel est très clair en ce qu’il nie totalement la continuité territoriale du service public.
Donc non seulement, il s’agissait de revoir le modèle mais préalablement de faire énoncer à l’ensemble des 83 universités que le sens de la révision doit s’inscrire dans cette logique de véritable équité de service public, pour nos étudiants, nos personnels, nos enseignants et nos enseignants-chercheurs.
L’interprétation et l’urgence de la révision du modèle est rendue d’autant plus nécessaire que là encore l’analyse est unanime. S’il est perpétué en ce sens - c’est-à-dire - sans prise en compte des charges fixes qui permettent à nos établissements de fonctionner, c’est purement et simplement leur disparition à cinq ans qui est sanctuarisée ! Soyons clairs : une disparition sans nuance d’échelle : pure et simple signifiant : pas de collège universitaire, pas de spécialisations à outrance des établissements, rien.
L’une des universités qui vient d’être auditée nous a affirmé que les inspecteurs en charge de l’audit avaient insisté sur la nécessité de réviser le modèle pour que s’affirme bien à l’échelle des territoires des universités autonomes ayant les moyens de rendre le service public pour lesquelles elles ont été créées.
Ce constat étant établi, il s’agissait de faire que la CPU s’en saisisse ! Car il faut pour réviser le modèle que la majorité des établissements en partagent la volonté.
La Curif a été dans cette réunion dénoncée comme la pire des choses portée par le Président Pommerol qui, pour sa part, souhaiterait qu’on abolisse le modèle et que l’on donne l’argent principalement aux 15 universités qui sont dignes d’exister ("je cite ses mots"). Il essaie de fédérer derrière ce mot d’ordre, mais je tiens à vous rassurer sur un point : cela ne fonctionne pas L’ancien président de la CPU - Mr Finance - ayant catégoriquement refusé d’entrer dans la CURIF au prétexte qu’elle est en rupture avec le principe de solidarité entre les établissements (ce qu’aurait dû affirmer le modèle de répartition s’il avait pris en compte différemment certains coefficients).
2- mercredi 16h00 - Commission des moyens.
Nous sommes seulement trois présidents de petits établissements à en faire partie (sur 25 personnes). MAIS après deux heures de discussion, la présidente de la commission reprend notre argumentaire et c’est bel et bien sur la base des remontées techniques de nos établissements, sur la lettre de notre CA, que sera repensé le modèle. La volonté est tellement affirmée que la commission des moyens va tenter d’explorer toutes les pistes de fonctionnement du modèle puisque la Direction Générale de l’Enseignement Supérieur avait dans un premier refuser de diffuser le modèle (ce n’est plus le cas aujourd’hui). UN VRAI DIALOGUE qui va prendre le temps de l’analyse et de la révision sera construit sur les deux mois à venir : c’est ce sur quoi s’entend la commission et c’est ce qui sera proposé à la conférence plénière du lendemain !
3-mercredi 19h00 - Rencontre avec des conseillers du ministère et de l’Elysée pour expliquer le projet d’Avignon et expliquer la situation dramatique d’une université situé dans un territoire pauvre et qui mérite d’être reconnue pour son projet. Tout comme l’université de La Rochelle, nous sommes identifiées comme le premier vecteur de développement de notre département !
4-jeudi 8h30 - Rencontre avec le président d’Aix-Marseille 1 pour évoquer la position commune à définir sur la mastérisation. En effet, nous apprenons que notre académie est la seule où les présidents ont signé un accord commun sur la non-remontée des maquettes, un accord politique et institutionnel pour qu’il n’y ait pas de franc-tireur et qu’aucune des universités ne soit mise en porte-à-faux.
5-jeudi 9h30 - Début de la séance plénière de la CPU.
De fait le "nouveau" décret est annulé, car proposé la réécriture d’un décret, nous explique nos collègues de droit, c’est enterrer le premier pour en reprendre un autre. Ce ne sont pas des corrections mineures qui sont envisagées, mais bien des "principes politiques communs à tous les établissements" qui sont élaborés et qui doivent cadrer la nouvelle écriture.
Trois heures de discussion ont été nécessaires pour établir ces principes porteurs des préoccupations de l’ensemble des problèmes de nos universités. Leur édification repose sur la valeur partagée que les carrières des universitaires français ont droit à une reconnaissance du travail qui est fait et il s’agit bien de permettre une reconnaissance que ne permettait pas le décret de 84. Attention, il s’agit du cadrage CPU et ne présume pas pour l’instant de ce que le ministère fera de ce cadrage. Il nous semble néanmoins que les mouvements ont été d’une telle ampleur que ceux-ci vont permettre de véritables négociations. Ce qui n’était pas le cas, il y a un mois.
6- jeudi 12h30 - Deux heures de discussion ensuite ont lieu pour établir l’autre communiqué en direction des deux ministères. Là encore les mouvements et le communiqué de la CPU ont permis d’entrouvrir la porte de Darcos qui était jusque là fermé.
L’assemblée plénière nous permet surtout en partant de la seule position unitaire de France - celle de l’Académie d’Aix-Marseille- Avignon - de révéler que nous avons été les seuls à signer une lettre commune sur la non-remontée des maquettes, mais de révéler surtout qu’au-delà de nombreuses positions publiques, bon nombre d’universités ont fait remonter en douce leurs maquettes. Le bureau de la CPU salue la position d’Aix-Marseille-Avignon qui est la seule tenable dans le cadre de négociation, surtout si le ministère décide de négocier. Il est donc décidé que TOUTES LES UNIVERSITES reprennent sous le coude OFFICIELLEMENT leurs maquettes jusqu’au 5 mars, le temps que soient négociés les 5 points du communiqué suivant
Une CPU plénière aura donc lieu le 5 mars pour dresser un bilan de ces négociations du bureau de la CPU sur cette question.
14h30 - La CPU réaffirme publiquement ses positionnements sur les postes supprimés. Demande leur rétablissement, la consolidation des postes existant par une vague de titularisation (pour les contractuels), un plan pluriannuel visant à l’obtention de postes réguliers en direction de nos établissements, et une reconnaissance de l’ensemble des carrières.
La CPU plénière AFFIRME à sa MAJORITE qu’il est IMPERATIF de revoir le MODELE. Seul POMMEROL demande son abandon pour les raisons évoquées plus haut. POMMEROL quitte la salle.
17h00 - Long échange téléphonique avec la DGES pour revoir notre dotation (c’est la DGES qui appelait, en l’occurrence, son directeur Patrick Hetzel).
18h00 - En concertation avec notre Conseiller d’établissement, nous allons, Philippe Prost et moi-même, rédiger un mail pour dresser un état des lieux de nos difficultés, nos problèmes et autres.
Vendredi 13h30 : retour sur l’UAPV et rédaction de ce compte-rendu.
Bien à vous tous,
Emmanuel ETHIS