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Huit universités dans le rouge, et c’est la pagaille - Véronique Soulé, "C’est classe !", Libéblogs, 24 novembre 2011

vendredi 25 novembre 2011, par Laurence

Que celui qui connaît les 8 universités passées sous la coupe des recteurs parce qu’elles sont dans le rouge lève la main ! Chacun a sa petite idée mais personne ne sait vraiment. Pas même le ministère de l’Enseignement supérieur qui donne des noms puis en retire un, provoquant une belle pagaille.

Tout commence le 17 novembre. Le ministère diffuse un communiqué plutôt guilleret où il annonce que "la grande majorité des établissements est en bonne santé financière". Mais, petit détail, on apprend tout de même que 8 ont des problèmes. En déficit pour la seconde année consécutive, conformément à la loi, ce sont les recteurs qui vont arrêter leurs budgets, nous dit-on. Et un "comité des pairs", formé par deux anciens présidents d’université Bertrand Dizambourg et Claude Jameux, va les aider à remonter la pente.

Le ton a beau être optimiste, la nouvelle jette un froid. Si les Recteurs fixent les budgets, les universités n’ont plus d’autonomes que le titre. En effet, le nerf de l’autonomie est la possibilité pour les universités de gérer leurs propres budgets, notamment leurs masses salariales.

A cinq mois de la présidentielle, ça fait plutôt mauvais effet. La LRU (la loi sur l’autonomie des universités aussi appelée "loi Pécresse" car portée par la ministre Valérie Pécresse et votée en août 2007) est présentée comme une réforme-phare du quinquennat. Et dans sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy entend se vanter d’avoir fait ce que la gauche rêvait de faire mais n’a pas osé car elle est bien trop veule : avoir réveillé une université immobile depuis mai 68...

Mais qui sont ces 8 qui cassent ainsi l’ambiance, montrant que tout n’est pas si rose au pays de la LRU ?

Très vite, il apparaît que personne ne sait vraiment. On connaît bien des noms d’universités en difficultés - Limoges, Pau, Nantes, etc. Mais est-ce qu’elles ont bien enregistré deux déficits d’affilée ? Est-ce que parmi ces 8, outres des universités, il n’y aurait pas aussi des grands établissements et des écoles (publiques) ?

Et voilà que mercredi, on ne sait trop pourquoi, le ministère se décide à donner 8 noms : l’UPMC (Université Pierre et Marie Curie), Paris XIII-Villetaneuse, Limoges, l’université de Savoie, Nice-Sophia-Antipolis, Bordeaux III, l’Insa de Rouen et l’ENS Cachan.

Là, ça devient la pagaillle. Les établissements désignés n’ont pas l’air tous au courant. Certains même tombent des nues. D’autres se récrient. Comme Nice-Sophia-Antipolis qui assure être en parfaite santé (financière). Trois heures plus tard d’ailleurs, le ministère rectifie. Exit Nice. Il explique à l’agence AEF, qu’"après reexamen des comptes, l’université n’est pas en déficit en 2010"...

Pour tout dire, seules l’université de Limoges, qui avait elle-même annoncé que le recteur arrêterait son budget 2012, et celle de Bordeaux III ne se manifestent pas. Les autres protestent.

- Contacté, le président de Paris XIII Jean-Loup Salzmann nous répond, sobrement mais fermement : "Paris XIII n’a reçu aucune information ni notification du ministère ou du rectorat concernant son budget alors que les comptes 2010 ont été arrêtés en mars. Je pense donc qu’il sagit d’une erreur".

- L’UMPC, pas vraiment contente non plus, se fend d’un communiqué : "Depuis plusieurs mois les services de l’UPMC et du rectorat suivent attentivement de concert la situation financière de l’université qui a mobilisé une part de son fonds de roulement pour assurer la continuité des programmes d’investissement en cours. La situation financière, qui est déjà régulée en 2011, sera maitrisée en 2012 par une diminution des investissements conduisant à un retour à l’équilibre budgétaire. A aucun moment, le fonctionnement normal de l’université n’a été mis en danger".

- L’ENS Cachan s’étonne : l’école a un déficit ancien qui n’a rien à voir avec l’autonomie.

- L’université de Savoie voit rouge : elle n’a pas de déficit en 2010, et en plus celui de 2009 était dû à des régularisations d’écritures comptables.

- Enfin, l’Insa de Rouen veut bien reconnaître un déficit, mais il concerne la partie investissement et non pas le fonctionnement ...

Le ministre Laurent Wauquiez ne dit mot. Il est sur un autre front. Il annonce que l’affaire des diplômés étrangers à qui on refuse des visas pour travailler en vertu de la circulaire Guéant du 31 mai, serait en voie de solution.

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