Accueil > Revue de presse > L’université pour le front populaire contre les idées de l’extrême droite, (...)

L’université pour le front populaire contre les idées de l’extrême droite, club de Médiapart, 23 juin 2024

lundi 24 juin 2024

Il n’y a rien de normal, rien d’acceptable, à la perspective de se retrouver dans quelques semaines avec un gouvernement d’extrême droite en France. En tant que citoyens, en tant qu’enseignants-chercheurs et personnels de l’Université, il est de notre devoir de ne pas l’accepter. Nous refusons les idées, les valeurs, le modèle de société portés par ce courant : il est l’antithèse des principes fondamentaux de l’Université.

Pour lire cette tribune et la signer

Le 9 juin dernier, après l’annonce des résultats des élections des députés au Parlement Européen, Emmanuel Macron a annoncé la dissolution de l’Assemblée Nationale. Cette dissolution intervient sans explication crédible et au pire moment, compte-tenu de scores très élevés du Rassemblement National, Front National rebaptisé.

Rappelons-le, le Front National a été créé par Jean-Marie Le Pen et Pierre Bousquet, ancien membre de la Waffen-SS, en 1972. En dépit des tentatives du RN pour faire oublier son histoire, en dépit des efforts incessants de nombreux grands médias - appartenant à des milliardaires ou proches du pouvoir - pour faire intervenir les membres du RN et pour rationaliser leurs obsessions (en premier lieu, la haine de l’étranger et l’amour de l’ordre établi sur des rapports de domination), il n’y a rien de normal, rien d’acceptable, à la perspective de se retrouver dans quelques semaines avec un gouvernement d’extrême droite en France.

En tant que citoyens, en tant qu’enseignants-chercheurs et personnels de l’Université, il est de notre devoir de ne pas l’accepter. Nous refusons les idées, les valeurs, le modèle de société portés par ce courant, qui ont déjà mené, dans l’histoire, à la déshumanisation, aux inégalités, au racisme, au totalitarisme, à la fin de la liberté d’expression et de l’exercice des pensées critiques, à la brutalité : il est l’antithèse des principes fondamentaux de l’Université.

Rappelons que nous sommes les héritiers des institutions du savoir, de l’éducation et de la culture. Nous sommes les héritiers des services publics. À ce titre, nous héritons aussi du soin de laisser des avenirs pacifiques et décents aux plus jeunes. Tout ce dont nous avons bénéficié, nous le devons à celles et ceux qui l’ont construit et défendu au prix d’efforts inouïs. Comment pourrons-nous sérieusement exercer notre métier sans pouvoir garantir nous-mêmes cet avenir à nos enfants et à nos étudiants ?

Pour lire la suite