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Au PS, Hollande et Aubry rappellent à l’ordre les troupes, Alexandre Lemarié, Le Monde et AFP, 18 janvier 2012

mercredi 18 janvier 2012

Pour lire cette brève sur le site du Monde

Et aussi : Hollande précise le recrutement des 60 000 enseignants

François Hollande a adressé, mercredi 18 janvier, une "sévère mise au point" à son équipe de campagne lors d’une réunion de son conseil politique, après la critique de l’aile gauche du PS sur sa mesure relative aux 60 000 postes dans l’éducation, selon des participants. Le candidat "a fait une sévère mise au point en disant qu’il fallait savoir si on voulait gagner", a affirmé un participant. Ce recadrage survient après de précédents cafouillages sur d’autres propositions du candidat, comme sur le nucléaire, les retraites ou le quotient familial. Le tout sous l’oeil de l’UMP prêt à attaquer à la moindre occasion.

"QUE CEUX QUI ONT BESOIN DE FAIRE PARLER D’EUX SE TAISENT"

Selon un autre participant au conseil politique, le candidat du PS a déclaré : "On a tout pour gagner. Si on ne gagne pas, on ne le devra qu’à nous-mêmes, vous n’êtes pas obligés de vous commenter les uns et les autres et de m’obliger à corriger les uns et les autres."

Cette "petite mise au point" était destinée à "ceux qui pensent d’abord à eux et pas à l’essentiel", a expliqué le président du groupe socialiste de l’Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault. Lors de la réunion, M. Hollande a "simplement rappelé que chacun devait être à sa place", a-t-il ajouté (voir sa réaction en intégralité).

La première secrétaire Martine Aubry a été elle aussi très ferme : "Que ceux qui ont besoin de faire parler d’eux se taisent […], mais qu’ils ouvrent la bouche pour défendre ce que nous avons à dire aux Français et qu’ils aillent partout", a-t-elle lancé à l’issue d’un point presse consacré au sommet social. "Il y aura toujours une ou deux voix tant pis pour eux, ils nous empêcheront pas de gagner", a-t-elle ajouté.

EMMANUELLI AURAIT PROMIS QU’IL NE FERAIT PLUS CE GENRE DE CRITIQUES

"J’ai plutôt entendu une exhortation à être unis, à nous rassembler, à mobiliser toutes nos forces" lors du conseil politique, a expliqué Pierre Moscovici, directeur de campagne, parlant d’une "tonalité positive".

Henri Emmanuelli, présent au conseil politique, a nié toute mise au point du candidat PS. Au contraire, selon un participant, après les remontrances de M. Hollande, le député des Landes aurait promis qu’il ne ferait plus ce genre de critiques. "C’est la dernière fois", aurait-il dit.

Le "conseil politique élargi" réunissait notamment mercredi Pierre Moscovici, Manuel Valls, Martine Aubry, Bertrand Delanoë, Arnaud Montebourg, Laurent Fabius, Ségolène Royal, Jean-Marc Ayrault, François Rebsamen, Jérôme Cahuzac, Harlem Désir et Jean-Michel Baylet.

Benoît Hamon n’était pas présent. La veille, le porte-parole du parti, Henri Emmanuelli et Marie-Noëlle Lienemann avaient pressé M. Hollande de clarifier la manière dont il veut mettre en place sa mesure sur l’éducation. Ils s’étaient indignés dans un communiqué qu’elle se réalise par "redéploiement" et non par des créations nettes de postes. M. Hamon a assuré au site du Nouvel Observateur l’avoir "fait en tant que responsable de courant" et non en tant que porte-parole du PS.

Il n’empêche : dans l’équipe de campagne de M. Hollande, la prise de position de M. Hamon a agacé. "Le sentiment général, c’est que c’était très déplacé de la part du porte-parole" de faire ce communiqué. "Tout le monde était mal à l’aise", a indiqué un participant au conseil.

"On savait depuis le début qu’on s’exposait à des ennuis en acceptant qu’Hamon conserve le poste de porte-parole", a reconnu un soutien du candidat, cité par Le Figaro. Bras-droit de François Hollande, Stéphane Le Foll ne croyait pas si bien dire quand il avait confié au Monde.fr, en octobre : "Avec Benoît, il est nécessaire qu’on se cale." Les hollandais avait alors décidé de maintenir le porte-parole du parti à son poste, après la victoire du député de Corrèze à la primaire.

HOLLANDE OBLIGÉ DE PRÉCISER LA MESURE

Sur le fond, François Hollande a confirmé au Monde, mercredi matin 18 janvier, que les 60 000 emplois dans l’éducation se feront par un redéploiement des effectifs au sein de la fonction publique, plutôt que par des nouvelles embauches. Une précision déjà apportée par Michel Sapin, responsable du projet du candidat, dès fin octobre au Monde.fr, assurant qu’il "n’a jamais été question d’augmenter le nombre de fonctionnaires".

Autrement dit, il s’agit de recréer des postes dans l’éducation nationale, et non pas des postes de fonctionnaires en général. Dans certains services, les fonctionnaires partant à la retraite ne seront pas remplacés, mais dans d’autres, comme l’éducation nationale, le nombre des emplois sera augmenté.

L’UMP TENTE D’EN PROFITER... MÉLENCHON AUSSI

La prise de position de Benoît Hamon, Henri Emmanuelli et Marie-Noëlle Lienemann a en tout cas ravi l’UMP, qui en a profité pour souligner des "incohérences" au sein du PS. Outre le patron du parti, Jean-François Copé, mercredi, sur France Info et le ministre de l’éducation, Luc Chatel, quatre autres membres du parti se sont également relayés pour dénoncer "le manque de clarté de François Hollande".

L’UMP a même réalisé un montage vidéo, diffusé mercredi, pour ironiser sur les changements de position, au sein du PS, sur la mesure :

De son côté, le Front de gauche a estimé mercredi que l’actuelle poussée de Jean-Luc Mélenchon donnait "du courage à la gauche du PS". Le candidat du parti, Jean-Luc Mélenchon, a même invité ce courant du PS à voter pour lui, le même jour, lors d’un déplacement à Metz.

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