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L’ingérence du président du CNRS dans des élections universitaires dénoncée par les syndicats de l’enseignement supérieur et de la recherche , 15 février 2016

lundi 15 février 2016, par PCS (Puissante Cellule Site !)

Message envoyé au personnel CNRS de l’UPMC par la directrice de la délégation régionale Paris B, Mme Christine d’Argouges :

[bleu]"Mesdames, Messieurs, chers collègues,

Je vous prie de bien vouloir trouver ci-dessous le message que le Président du CNRS, Alain Fuchs, a adressé à Jean Chambaz.

Bien cordialement

Christine d’Argouges
Déléguée régionale
CNRS - Délégation Paris B
16 rue Pierre et Marie Curie
75005 PARIS
Tel : 01 42 34 94 51

MESSAGE A JEAN CHAMBAZ

Monsieur le Président,

L’Université Pierre et Marie Curie est un partenaire très important du CNRS en matière de recherche et je me félicite de la qualité de nos relations et de nos réalisations communes tout au long de votre mandat présidentiel. Nous avons certes encore des progrès à accomplir en matière de concertation sur nos politiques de recherche et aussi de gestion conjointe des UMR, mais j’ai très bon espoir que la dynamique en cours se poursuivra, et s’amplifiera encore avec la création de la nouvelle Université réunissant l’UPMC et Paris-Sorbonne.

Le CNRS soutient la liste « Réunis » que vous portez pour les élections prochaines et forme des voeux pour votre ré-élection à la Présidence de l’Université Pierre et Marie Curie dans les conditions les meilleures pour vous et l’ensemble de vos colistiers dans les trois conseils.

Bien cordialement à vous,

Alain Fuchs
Président
Centre National de la Recherche Scientifique
3, rue Michel Ange
75794 Paris Cedex 16[/bleu]


Communiqué du SNESUP-FSU, SNCS-FSU et SNASUB-FSU

Une scandaleuse ingérence du président du CNRS dans des élections universitaires.

À l’université Paris 6 (UPMC) se tient mardi 16 février le scrutin pour le renouvellement des conseils centraux. Plusieurs listes sont en compétition. Les agents des organismes de recherche affectés dans une unité de recherche conventionnée avec l’université sont électeurs.

Dans la dernière ligne droite de la campagne électorale, des personnels du CNRS ont reçu vendredi dernier, par courriel adressé par la déléguée régionale de la délégation Paris B, la copie du courrier du président de l’organisme, M. Alain Fuchs, à l’actuel président de l’UPMC, M. Jean Chambaz..

Dans ce courrier, le président du CNRS écrit que « le CNRS soutient la liste » emmenée par l’actuel président de l’université candidat à sa propre succession, et « forme des vœux » pour sa ré-élection « dans les conditions les meilleures pour [lui] et l’ensemble de [ses] colistiers dans les trois conseils ».

Le SNESUP-FSU, le SNCS-FSU et le SNASUB-FSU dénoncent cette ingérence, qui révèle un mépris des principes démocratiques les plus élémentaires. Cette ingérence n’est hélas qu’un avatar des dérives oligarchiques qui plombent actuellement l’enseignement supérieur et la recherche. En engageant dans un soutien partisan l’institution qu’il préside, le président du CNRS exerce en outre une pression inadmissible sur ses agents, qui constituent une part importante du corps électoral et dont certains, candidats sur les listes concurrentes, se trouvent scandaleusement stigmatisés. Nos organisations syndicales considèrent que cette grave ingérence porte atteinte à la sincérité et à la qualité de la campagne électorale en cours. Elles prendront toutes les initiatives utiles pour préserver la démocratie universitaire et garantir le respect des règles électorales, à l’UPMC comme dans les autres universités.


Communiqué de la FERC_CGT

Réponse au président du CNRS : nous sommes aussi le CNRS et nous votons pour qui nous voulons.

La section SNTRS-CGT de Jussieu et la Fercsup-CGT de l’UPMC dénoncent l’intrusion du président du CNRS dans la campagne électorale aux conseils centraux de l’Université Pierre et Marie Curie.

Par un mail aux personnels, vendredi 12 février, le président du CNRS a fait envoyer par la déléguée régionale du CNRS un message de soutien à Jean Chambaz (voir ci-dessous), candidat sortant à la présidence de l’UPMC. Il ne s’agit pas là d’une opinion personnelle, mais bien d’un message émis en tant que président du CNRS, qui engage tout l’organisme : « Le CNRS soutient la liste « Réunis » que vous portez pour les élections ». Précisons que ce soutien n’a jamais été discuté en Conseil d’administration du CNRS.

Cette communication représente une remise en cause directe du principe de neutralité du service public par des titulaires de hautes fonctions administratives. Les moyens de diffusion de l’organisme ont été détournés pour tenter d’influencer le scrutin. Dans l’immédiat, cela doit inciter tous les personnels CNRS hébergés dans des unités mixtes UPMC-CNRS à sanctionner les listes REUNIS mardi 16 février aux conseils centraux en votant pour les listes que présentent le SNTRS-CGT et la Fercsup-CGT de l’UPMC.

PS : Rappelons au passage que bien des chargés de recherche ont été classés dans le mauvais collège pour la commission recherche, à savoir le collège D (personnels sans doctorat), au lieu du collège C (personnels avec doctorat et sans HDR). Nous incitons ces collègues à venir avec leur diplôme le jour du vote pour pouvoir voter dans le collège adéquat. Nous nous étonnons de ne pas avoir vu de courrier du président du CNRS à J. Chambaz sur ce point de représentativité démocratique.

Le président du CNRS a-t-il vocation à faire pression sur le vote des personnels CNRS et à s’ingérer, au nom de son établissement, dans des élections universitaires ?


Communiqué du SNPREES-FO et de Supautonome-FO

Le président du CNRS a-t-il vocation à faire pression sur le vote des personnels CNRS et à s’ingérer, au nom de son établissement, dans des élections universitaires ?

Le SNPREES-FO et Supautonome-FO ont pris connaissance d’un message électronique du président du CNRS, M. Alain FUCHS, adressé au président actuel de l’Université Pierre-et-Marie-Curie (UPMC), M. CHAMBAZ, actuellement tête de liste pour les élections aux conseils centraux de cette Université et candidat à la réélection.

Dans ce message, le président du CNRS écrit : « Le CNRS soutient la liste « Réunis » que vous portez pour les élections prochaines et forme des vœux pour votre ré-élection à la Présidence de l’Université Pierre et Marie Curie dans les conditions les meilleures pour vous et l’ensemble de vos colistiers dans les trois conseils. »

Ce message n’a aucun caractère privé puisque, le 12 février, il a été répercuté à tous les agents du CNRS travaillant à l’UPMC par les instances officielles du CNRS, en l’occurrence la délégation régionale de Paris B.

Le SNPREES-FO et Supautonome-FO condamnent cette ingérence du Président du CNRS dans des élections universitaires, l’usurpation par le président du CNRS d’un pouvoir d’expression des souhaits supposés de l’établissement qui ne lui est pas dévolu dans de tels cas, enfin la pression inadmissible sur les agents CNRS électeurs.

Le président du CNRS mesure-t-il l’impact de son soutien sur la sincérité du scrutin et du risque de recours en annulation qu’il fait peser sur ces élections ?

Le SNPREES-FO et SupAutonome-FO demandent que le président du CNRS retire ces affirmations et déclare publiquement que le CNRS ne soutient aucune des listes en présence dans l’élection qui va avoir lieu à l’UMPC. Il en va de la crédibilité du CNRS et de son indépendance par rapport aux jeux de pouvoir politico-scientifiques à l’échelle locale.

Montreuil, le 15 février 2016