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Communiqué de la Société des Agrégés. Proposition de loi Grosperrin : la persévérance dans l’erreur, 24/01/2012

mercredi 25 janvier 2012, par Sylvie

Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

La Société des agrégés dénonce les conditions dans lesquelles la masterisation se poursuit malgré l’échec patent des mesures prises pour réformer la formation des professeurs, qui aboutissent à des conditions de travail désastreuses pour les stagiaires et provoquent une crise de désaffection sans précédent.

Ainsi, la proposition de loi relative à la modification de certaines dispositions encadrant la formation des maîtres, déposée par le député Jacques Grosperrin le 10 janvier 2012, sous couvert de tirer les conséquences de l’intégration des IUFM dans les universités et de tenir compte des nouvelles modalités de la formation des personnels enseignants, ouvre dans les faits la voie à des dérives inacceptables.

La Société des agrégés dénonce les imprécisions et les ambiguïtés de la nouvelle rédaction de l’article L. 625-1 du Code de l’éducation qui y est proposée et qui donne la possibilité de former les professeurs à d’autres établissements que les universités, y compris, éventuellement, à des officines privées.

La Société des agrégés condamne la persévérance dans l’erreur et dans l’échec dont la démarche du député témoigne puisqu’il s’agit non pas de remettre en cause une mauvaise réforme mais d’essayer de colmater les brèches récurrentes du système par des pansements censés le perpétuer, tout en en aggravant encore, par une rédaction inappropriée, les défauts.

La Société des agrégés estime que le mode antérieur de recrutement et de formation des maîtres a été détruit sans considération de ses avantages. Les élèves avaient en effet l’assurance de suivre les cours de professeurs qui, quoique débutants, avaient réussi un concours exigeant et prouvé qu’ils détenaient les qualités nécessaires et fondamentales pour devenir professeur.

La nouvelle formation, au contraire, a des conséquences à la fois nocives pour les élèves et pour les étudiants. Désormais les élèves peuvent avoir pour professeurs des étudiants stagiaires n’ayant pas encore obtenu le concours ou y ayant échoué au moins une fois. Quant aux étudiants, qui devaient suivre auparavant une formation d’un an après le concours - dont ils soulignaient déjà le caractère d’infantilisation et l’inutilité pratique (cf. Rapport de la Société des agrégés sur les agrégés stagiaires à l’IUFM, 2007) - ils doivent désormais en subir trois années, dans l’incertitude de leur sort ou la perspective d’emplois précaires pour pallier le manque de professeurs titulaires.

Cette persistance dans l’erreur est coupable. Aucune modification, aucune proposition de loi ne saurait conférer une logique à cet assemblage de mesures disparates, qui, jour après jour, mine impitoyablement le mode de recrutement et de formation des professeurs. Il faut cesser de procéder à des ajustements, c’est la conception même de la masterisation qui doit être revue.

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