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Pour le supérieur, le PS veut des évolutions, pas de révolution - Philippe Jacqué, blog Le Monde "Peut mieux faire", 17 mai 2011

mardi 17 mai 2011, par Elie

Lancer une “nouvelle dynamique pour la recherche et l’enseignement supérieur”, “rapprocher recherche publique et privée”, “faire réussir davantage d’étudiants dans le supérieur” et “renouer le dialogue entre science et société”. Voici les quatre chapitres du programme sur l’enseignement supérieur et la recherche, préparé par le Parti socialiste (PS) pour l’élection présidentielle de 2012. Alors que l’”affaire DSK” monopolise l’attention, le PS a pour l’instant maintenu son “forum des idées”, organisé mercredi 18 mai à Toulouse, pour débattre de ce document d’une trentaine de pages et de dix propositions que Le Monde s’est procuré.

Ce projet ne prône pas la rupture, mais plutôt des évolutions par rapport à la politique actuelle. Il conserve tout d’abord la loi d’autonomie des universités. Les socialistes ne veulent pas l’abroger, mais l’aménager, sans que le programme l’explique expressément : il faut remettre à plat ”l’ensemble des textes contestés depuis plusieurs années de gouvernement de droite”, évoque le document.

Afin de créer une “autonomie authentique” des universités, le parti de Martine Aubry veut mettre les moyens nécessaires. Combien de nouveaux enseignants-chercheurs, personnels administratifs ou contrats de doctorant ? Combien de moyens financiers supplémentaires ? Pour l’instant, aucun chiffre n’est mentionné. “C’est trop tôt pour détailler cela”, précise le PS, mais l’ambition est bien de renouer avec une augmentation des moyens alors que depuis 2002, la dépense en part de produit intérieur brut (PIB) pour ce secteur stagne autour de 2 %. Concernant les fonds non encore affectés dans le cadre des investissements d’avenir et du plan de rénovation des campus, le Parti socialiste entend reprendre la main afin, notamment, de lutter contre les “déserts scientifiques” créés par cette politique.

Augmenter de 50% le nombre de diplômés du supérieur en dix ans

Le PS préconise également de simplifier le paysage de la recherche et redonner du poids aux organismes de recherche (Inserm, CNRS, etc.). Pour ce faire, deux idées. Les conseils scientifiques des organismes prendraient tout d’abord en charge la définition de la stratégie nationale de recherche. Ensuite, l’idée est de revenir à des financements pérennes des laboratoires. L’Agence nationale de la recherche (ANR) verrait ses financements baisser afin de retreindre les financements sur appel à projet. Les laboratoires verraient leurs financements “récurrents” remonter de manière automatique. Pour les universités, la part du “contrat” signé désormais tous les cinq ans avec l’Etat, qui représente de 1 à 2% du budget d’une université, pourrait passer à 5%. Cela permettrait de compenser les inégalités existantes actuellement dans le système d’allocation des moyens des établissements.

De manière générale, le PS veut changer de philosophie. “La compétition est un des moteurs de la recherche. Mais l’exacerber, comme le fait le gouvernement, est contre-productif. En lieu et place de la mise en concurrence systématique et permanente actuelle qui est imposée aux pôles de recherche et d’enseignement supérieur [PRES], aux établissements, aux laboratoires, aux équipes, aux individus et dont on mesure déjà aujourd’hui les conséquences délétères, l’accent sera mis sur leur coopération qui est la seule pratique qui favorise l’émulation intellectuelle indispensable à leurs projets de recherche et à leurs expériences pédagogiques.

Pour les étudiants, le Parti socialiste a pour ambition de démocratiser l’accès en supérieur en augmentant de 50% le nombre de diplômés en dix ans, alors que le taux d’accession au supérieur décline, selon le PS. Tout d’abord en améliorant les conditions de vie étudiantes (allocation d’études, investissement dans l’immobilier universitaire, mais aussi le logement, la santé ou encore la restauration des étudiants) et en réactivant les IPES (instituts de préparation à l’enseignement secondaire, voir leur présentation sur le site du SNES), c’est-à-dire le pré-recrutement dès la licence des futurs enseignants. Ce système pourrait être décliné pour le recrutement des futurs infirmiers ou travailleurs sociaux.

Des réseaux territoriaux de la connaissance

Pour améliorer le taux de diplômés, le PS envisage aussi une réforme de la licence (parcours plus individualisé et progressif, pédagogie rénovée, meilleur encadrement, tutorat obligatoire pour les plus en difficultés, etc.) et une réorganisation régionale de l’enseignement supérieur. Les PRES seraient ainsi transformés en “réseaux territoriaux de la connaissance”. Ils réuniraient les actuels membres des PRES (universités, grandes écoles, organismes de recherche) et l’ensemble des formations post-bac (classe préparatoire aux grandes écoles, BTS, écoles, etc.). A leur charge : l’organisation de l’information sur l’orientation en coopération avec les enseignants du lycée (dès la seconde), mais aussi l’organisation des passerelles entre diverses formations. Dans ce cadre également, l’université et les classes préparatoires aux grandes écoles devront approfondir leurs coopérations. A cela s’ajoute l’engagement d’ouvrir de nouvelles formations supérieures à destination des bacheliers technologiques et professionnels.

Relancer la recherche privée

Pour l’université, diverses mesures ont été ajoutées au fil du texte. Le PS préconise la suppression du “numérus clausus couperet” dans les études de médecine et son remplacement par une orientation plus progressive au fil d’une licence de santé. A cela s’ajoute une amélioration de l’épreuve classante nationale “pour éviter les dérives constatées”. Cela devrait faire beaucoup parler.

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